La Saône et ses canaux ont porté des générations de mariniers. Leurs bateaux, leurs écluses, leurs quais et leurs hivers de gel font plus d'un siècle d'histoires — et beaucoup n'ont jamais été écrites.
Cette page est un projet collectif : recueillir, un souvenir à la fois, la mémoire de la batellerie sur la Saône et ses canaux. Les péniches qui passaient de génération en génération, les crues et les hivers où la rivière prenait, les fêtes des ports, les figures du quai, les métiers d'hier. Elle s'écrit depuis Saint-Jean-de-Losne, premier port fluvial de France, mais elle est ouverte à toute la rivière.
C'est gratuit, ouvert à tous, et les récits publiés ici sont en libre accès. Simplement parce que ces histoires méritent d'être gardées.
Les récits
Publiés au fil de la collecte, avec l'accord de chacun.
La Renaissance en travers du pont
Raconté par Lucien Devaux, marinier · Mâcon, le 9 janvier 1980
Ce jour-là, la navigation s'est arrêtée sur la Saône à Mâcon. Lucien Devaux descendait vers Lyon à bord de son bateau, le Zornval. Il était là, et il a attendu.
J'étais à Mâcon le 9 janvier 1980 lorsque l'arrière du bateau Renaissance remontant la Saône a touché la pile du pont Saint Laurent avant de se mettre en travers des arches.
Marinier, j'étais à bord de mon bateau Zornval en direction de Lyon.
La navigation a été interrompue et je suis resté stationné en amont du pont pendant toute la durée du renflouement du bateau Renaissance.
Le Zornval en navigation à Reims Collection Lucien DevauxL'arrière du Zornval — la plaque porte « L. Devaux, de Vitry-le-François » Collection Lucien Devaux
Je ne suis pas fils de marinier. Je suis arrivé à Saint-Jean-de-Losne il y a quatre ans, un peu par hasard, et je n'en suis plus reparti. Ce qui m'a retenu ? La lumière du soir sur la Saône, les péniches le long du quai, et cette impression que chaque bateau amarré avait vu plus de pays que moi.
Depuis, je marche au bord de la rivière presque tous les jours. Je l'ai vue en crue au printemps, l'eau brune jusqu'à lécher la balise du chenal ; je l'ai vue prendre feu certains soirs d'été ; je l'ai vue immobile sous le pont, à la tombée du jour, comme si elle attendait un bateau.
C'est en la regardant que ce projet est né. Le décor est toujours là, magnifique. Mais le voyage, lui, est dans vos mémoires — et cette page est là pour le recueillir.
La Saône en crue au printemps — un cormoran posé sur la balise du chenalLe pont et le clocher, à la tombée du jour
Certains soirs, la Saône prend feu
Ce qu'on rassemble
Quelques pistes — mais tout souvenir lié à la rivière, aux canaux et aux bateaux a sa place.
Les bateaux
Une péniche de famille, son nom, ses voyages, sa cargaison.
Les gens
Mariniers, éclusiers, commerçants du quai, figures du port.
Les métiers
Le halage, les chantiers, la mécanique, la vie à bord.
Les événements
Les crues, les hivers de gel, les fêtes du port, le Pardon des mariniers.
La vie quotidienne
L'école des enfants de bateliers, les escales, la cuisine du bord.
Les photos
Une photo ancienne du port ou d'un bateau — on la publie avec votre récit.
Racontez le vôtre
Vous avez vécu la batellerie, ou vos parents, vos grands-parents l'ont vécue ? Vous tenez de famille une anecdote du port, une photo, le nom d'un bateau ? Même deux lignes comptent. Les plus belles histoires sont souvent celles qu'on croyait ordinaires.
Écrivez comme vous parlez, sans vous soucier de la forme — c'est le souvenir qui compte, on s'occupe du reste avec vous. Rien n'est publié sans votre accord, et vous pouvez signer d'un prénom seulement.
À lire aussi
Sur le blog de Vastilia, quelques textes pour celles et ceux qui veulent garder une trace de leur propre histoire.
Ce projet est porté par un habitant de Saint-Jean-de-Losne,
Peter
le port, les quais, la lumière sur la Saône
Cette page est offerte par Vastilia, un service créé ici, à Saint-Jean-de-Losne, pour aider chacun à raconter ses souvenirs et à les transmettre aux siens. Ces souvenirs sont en libre accès — ils appartiennent à tout le monde.